Rétention urinaire  
aiguë : une raison de consulter en urgence ?

Impossibilité d’uriner malgré une vessie pleine et douloureuse ? N’hésitez pas à consulter d’urgence. Il s’agit peut-être d’une rétention urinaire aiguë qui doit être rapidement soulagée. Plusieurs causes peuvent l’expliquer.

Qu’est-ce qu’une rétention urinaire aiguë ?

On parle de rétention des urines quand il y a une évacuation incomplète de la vessie ou une impossibilité d’uriner. La rétention urinaire peut alors être chronique ou aiguë.
Dans le cas de la rétention d’urine aiguë, il y a impossibilité totale et brutale d’uriner, depuis plusieurs heures, et malgré une vessie remplie. L’envie d’uriner devient alors pressante et douloureuse. C’est une urgence médicale nécessitant une prise en charge rapide.

Quels sont les symptômes d'une rétention urinaire aiguë ?

La rétention urinaire aiguë correspond à l’impossibilité d’uriner accompagnée d’une vessie tendue et douloureuse1.
Certains symptômes sont associés, comme des douleurs abdominales, de la fièvre, avec ou sans frissons, des brûlures au moment d’uriner ou du sang dans les urines, avant que la rétention aiguë ne survienne.
Lors de la consultation, en plus d’une palpation abdominale, le médecin vous demandera de préciser les circonstances qui ont marqué le moment où vous avez été dans l’incapacité d’uriner, vos symptômes, vos antécédents médicaux et les traitements en cours. Cet échange devra être mené rapidement afin de vous soulager au plus vite.

Quelles différences entre anurie et rétention d’urine aiguë ?

L’anurie correspond à une absence de production d’urine par les reins. La vessie est vide, le patient n’a pas particulièrement l’envie d’uriner et ne souffre pas.
C’est donc tout le contraire de la rétention d’urine aiguë qui présente une vessie pleine et des douleurs associées.


La rétention urinaire aiguë se distingue aussi de la rétention chronique d’urine. Celle-ci se caractérise par la possibilité d’uriner, sans douleur, mais avec une évacuation incomplète. Il restera généralement plus de 300 mL d’urine, après la miction2.

Quelles sont les causes d’une rétention urinaire aiguë ?

Les causes de la rétention urinaire aiguë sont multiples :

  • Causes mécaniques : un obstacle empêche l’évacuation des urines comme l’augmentation de la taille de la prostate (hypertrophie bénigne de la prostate)3, une tumeur au niveau de la prostate, un rétrécissement de l’urètre (sténose urétrale), un calcul ou un corps étranger dans l’urètre, un calcul dans la vessie4, une accumulation de matière fécale (fécalome), un dysfonctionnement du muscle détrusor situé à l’intérieur de la vessie, une perte de synchronisation entre le détrusor et le sphincter
  • Causes fonctionnelles : par exemple, les commandes neurologiques qui déclenchent l’action d’uriner sont altérées pour différentes raisons. On peut aussi observer, après une chirurgie de la prostate ou de l’appareil urinaire, une mauvaise reprise de la fonction urinaire5
  • Causes médicamenteuses : sous l’effet de certains médicaments prescrits en neurologie ou allergologie

Il est important de noter que les troubles urinaires doivent être traités au risque de progresser vers une rétention urinaire aiguë6.

Comment soigner une rétention urinaire aiguë ?

La rétention aiguë d’urine est une urgence médicale nécessitant au plus vite la pose d’une sonde ou d’un drain, dans la vessie, à travers la peau de l'abdomen (cathéter sus-pubien)7. Ils vont vidanger mécaniquement la vessie. L’une ou l’autre de ces solutions seront retenues en fonction de l’état du patient.

 

 

Infographie soigner une rétention urinaire

 

 

Une fois l’urgence passée et l’urine évacuée grâce à la sonde, il faudra chercher et traiter la cause de la rétention aiguë.
Pour établir le bilan post-urgence, votre médecin vous posera un certain nombre de questions, et vous demandera de réaliser un ou plusieurs examens biologiques (ECBU, créatinémie…) et/ou d’imagerie (échographie, débitmètre, fibroscopie, bilan urodynamique…)8.
Certains traitements médicamenteux pourront améliorer la fonction urinaire (alpha-bloquants ou inhibiteurs de la 5 alpha réductase9…), notamment en cas d’hypertrophie bégnine de la prostate.
Votre médecin pourra également évoquer une intervention chirurgicale en fonction de l’origine des troubles de la miction9.
En dernier recours, si aucun traitement n’a d’effet, une sonde urinaire à demeure sera envisagée10.

Comment uriner après le retrait d'une sonde ?

Il existe trois méthodes pour drainer les urines : l’autosondage avec une sonde à usage unique dont le patient a la charge, la sonde à demeure et le cathéter sus-pubien, tous deux posés et enlevés par des professionnels de santé.
Une fois la cause de la rétention urinaire aiguë identifiée et lorsque le traitement a produit ses effets, il sera décidé d’ôter la sonde ou de clamper le cathéter, dans des conditions d’hygiènes strictes pour éviter tout risque d’infection urinaire.
Chez vous, après un auto-sondage, il est essentiel de respecter les conditions d’asepsie en se lavant soigneusement les mains, à l’eau et au savon, avant et après toute manipulation.
A l’hôpital, la sonde à demeure (ou le cathéter) sera retirée, généralement sans que vous ressentiez de douleurs. L’anesthésie locale ou générale sera recommandée en fonction du type de matériel utilisé.
Pour mieux observer la reprise normale de l’activité de la vessie, vous devrez boire environ 1 litre d’eau par petites quantités, pendant 4 heures11 et uriner, dans un premier temps, dans un flacon, afin de contrôler la qualité et la quantité de vos urines.
Informez rapidement votre médecin si vous n’urinez pas normalement après avoir ôté la sonde ou le cathéter.
Une fois la sonde ôtée, il vous sera demandé de boire environ 1 litre d’eau par petites quantités, pendant 4 heures.
Dans un premier temps, vous urinerez dans un flacon, ce qui permettra le contrôle de la qualité et de la quantité d’urine.

Code article : 272107

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Nos sources

  • 1. Rétention aiguë d’urine : Diagnostiquer une rétention aiguë d'urine- Identifier les situations d'urgence et planifier leur prise en charge. Auteur : Souhil Lebdai Relecteur : Yann Neuzillet - Coordonnateur : Aurélien Descazeaud
  • 2. Prise en charge d'une rétention chronique d'urine en 2019 - J.Gas - Département d'urologie, d'andrologie et de transplantation rénale, CHU de Toulouse - Progrès en Urologie – FMC 2019
  • 3. Guide de prise en charge en médecine générale des symptômes du bas appareil urinaire de l’homme liés à une hyperplasie bénigne de la prostate A. Descazeauda et coll.
  • 4. Livret de l’interne – urgence en urologie - Sous la direction du Collège Français des Enseignants d’Urologie
  • 5. Conséquences de l’obstruction prostatique sur le fonctionnement vésical, impact de la désobstruction, et prise en charge des récidives après chirurgie. de la Taille A, et al. Prog Urol (2018).
  • 6. Troubles urinaires du bas appareil et dysfonction sexuelle masculine : Enquête Multinationale de l’Homme Âgé Raymond ROSEN et coll. Progrès en Urologie (2004),
  • 7. HAS • Bilans pré-thérapeutiques des troubles mictionnels de l’homme adulte : modalités et acteurs • novembre 2023
  • 8. Rétention aiguë d’urine : Diagnostiquer une rétention aiguë d'urine- Identifier les situations d'urgence et planifier leur prise en charge. Auteur : Souhil Lebdai Relecteur : Yann Neuzillet - Coordonnateur : Aurélien Descazeaud
  • 9. Guide de prise en charge en médecine générale des symptômes du bas appareil urinaire de l’homme liés à une hyperplasie bénigne de la prostate A. Descazeauda et al.
  • 10. Rétention urinaire - Patrick J. Shenot - MD, Thomas Jefferson University Hospital - Vérifié/Révisé sept. 2023
  • 11. Urologie Marseille : https://www.urologie-marseille.com/lexique/sevrage-de-sonde-vesicale-de-catheter-sus-pubien/