Résidu post-
mictionnel : quand il reste trop d’urine dans la vessie

Chez l’homme adulte, la présence d’une trop grande quantité d’urine dans la vessie, après avoir uriné, est un signal. Le résidu post-mictionnel peut notamment indiquer la présence de symptômes du bas appareil urinaire.

Qu’est-ce qu’un résidu post-mictionnel ?

Le cycle de la miction peut se résumer en trois phases :

  • Le stockage
  • La vidange (ou phase mictionnelle)
  • La phase post-mictionnelle (après avoir uriné)

Le résidu post-mictionnel (appelé aussi résidu vésical post-mictionnel - RVP) est la quantité d’urine qui reste dans la vessie après avoir uriné.
Il est possible que la vessie ne se vide pas complétement. On accepte qu’il reste moins de 1/3 de la miction, soit moins de 50 mL1 et moins de 100 mL pour les patients âgés de plus de 65 ans2.
Si le résidu post-mictionnel est au-delà de ces normes, il sera considéré comme anormal et on parlera de rétention d’urine ou de troubles de la miction. Le médecin en cherchera la cause.

Qu’est-ce qu’une miction normale ?

Pour être considérée comme normale, la miction doit 3 :

  • Résulter d’un équilibre entre les forces d’expulsion et de retenue
  • Être volontaire, facile, indolore, complète, et durer moins de 1 minute
  • Survenir, durant la journée, avec un délai entre les mictions de plus de 2 h
  • Permettre l’élimination d’environ 350 mL d’urine
  • Avoir un débit maximal supérieur à 15 mL/s
  • Avoir un résidu post-mictionnel < 50 mL (ou < 1/3 du volume de la miction) pour les hommes de moins de 65 ans

Quel est le mécanisme de la miction ?

Le bas appareil urinaire comprend notamment la vessie et l'urètre qui est le conduit d'élimination de l’urine. Ce dernier est doté d'un système d'ouverture et de fermeture : le sphincter (ou zone sphinctérienne qui comprend des fibres musculaires).
Les commandes de l’action d’uriner (miction) ou de se retenir sont situées dans le cerveau, plus précisément dans le système nerveux central. Une fois la décision d’uriner prise, plusieurs signaux sont envoyés simultanément aux systèmes nerveux sympathique, parasympathique et somatique pour contracter les muscles du détrusor (membrane de la vessie) et relâcher ceux du sphincter. D’une manière cordonnée, les muscles obéissent et permettent l’action d’uriner.
Une lésion ou un dysfonctionnement de l'un des éléments impliqués dans la miction peut entraîner une incontinence ou une rétention4.

Infographie mécanisme de la miction ?

Comment mesurer le résidu post-mictionnel ?

En premier lieu, il est recommandé d’évaluer le résidu post-mictionnel (phase après la vidange) à l’aide d’une échographie de la vessie (échographie vésicale). Un appareil sans fil peut aussi être utilisé. Dans les deux cas, l’examen est totalement indolore. Il est réalisé par voie externe, en plaçant une sonde au-dessus du pubis1.
Les mesures du résidu post-mictionnel nécessitent d’être répétées car les volumes des mictions peuvent être différents5.
Selon le profil santé du patient, les symptômes, le type de pathologies recherchées (rétention chronique d'urine, rétention aiguë…) et l’efficacité des traitements déjà prescrits, il est possible que le médecin ou le spécialiste (urologue…) demande des examens plus poussés : contrôle de la fonction rénale avec examens radiologiques, débitmètres couplée à une mesure du résidu post-mictionnel, fibroscopie de la vessie (cystoscopie) pour visualiser l'intérieur et l'urètre et autres bilans urodynamiques plus complets…

Comment se déroule l’échographie de la vessie ?

Cet examen est indolore et dure entre 15 à 20 minutes.
Pour qu’il soit efficace, votre vessie devra être pleine. Il vous sera donc demandé de boire, 1 heure avant l’examen, un demi-litre à trois quarts de litre d’eau.
Il n’est pas nécessaire d’être à jeun ou d’arrêter ses traitements médicaux habituels.

Allongé sur la table d’examen, le médecin appliquera sur le bas ventre, un gel facilitant la circulation d’une sonde à ultra-sons.
Dans un second temps, il vous invitera à uriner pour vider complétement votre vessie.
Il rependra ensuite l’examen avec la sonde pour mesurer la quantité d’urine restante.

Quels sont les symptômes liés à un résidu post-mictionnel ?

Plusieurs symptômes, appelés également symptômes du bas appareil urinaire (SBAU), pendant et après la phase mictionnelle, doivent retenir l’attention :

  • Une faiblesse du jet, souvent associée à des poussées abdominales (dysurie)
  • L’impression que la vessie ne s’est pas totalement vidée après avoir uriné
  • La perte involontaire d’urine (gouttes) survenant immédiatement après la miction, le plus souvent en quittant les toilettes
  • Une incontinence urinaire par regorgement

Le symptôme le plus grave qui nécessite une urgence médicale est l’impossibilité d’uriner. Un drainage des voies urinaires sera alors proposé.
Mais, attention, ces symptômes ne sont pas exhaustifs. Le mieux est d’en parler à votre médecin qui pourra procéder à des examens cliniques et d’imagerie.

Quelles sont les causes d’un résidu post-mictionnel élevé ?

Avoir un résidu post-mictionnel élevé n’est pas une maladie en soi (moins de 50 mL1 et moins de 100 mL pour les patients âgés de plus de 65 ans1). C’est plutôt une indication d’une pathologie à rechercher.
Si la vessie ne se vide pas assez (voir les normes), votre médecin s’interrogera sur les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) liés à la phase de remplissage de la vessie ou à la phase mictionnelle (action d’uriner) comme :

  • L’hypertrophie bénigne de prostate (HBP)
  • L’infection urinaire
  • L’incontinence urinaire ou l’incontinence urinaire par regorgement (résidu post-mictionnel supérieur à̀ 300 ml sur 2 examens d’imagerie à 6 mois d’écart1)
  • La dysurie, la nycturie ou la pollakiurie
  • La rétention d’urine aiguë (vessie douloureuse et tendue, associée à̀ une impossibilité d’uriner) ou chronique (résidus post-mictionnels supérieurs à̀ 300 mL)1
  • Un obstacle à la vidange de la vessie (obstruction sous vésicale -OSV), lié ou non à une hyperplasie bénigne de la prostate1
  • Etc…

Au-delà des symptômes du bas appareil urinaire et après examens complémentaires, les résidus post-mictionnels supérieurs à la norme peuvent également révéler d’autres pathologies comme : une atteinte de la musculature de la vessie1 (dysfonctionnement du détrusor, muscle de la paroi de la vessie), une sensibilité vésicale augmentée ou réduite, un rétrécissement de l’urètre (sténose urétrale), le canal qui permet d’évacuer l’urine de la vessie, une lésion neurologique de la zone contrôlant la miction…

Comment soigner un résidu post-mictionnel ?

Généralement, plusieurs traitements sont indiqués pour soulager une rétention urinaire6 :

  • Drainage de la vessie
  • Dilatation de l’urètre
  • Médicaments pour traiter l’hypertrophie de la prostate
  • Chirurgie

Le choix du traitement sera déterminé en fonction de la pathologie révélée par le résidu post-mictionnel. Il faut donc d’abord l’identifier pour choisir la bonne stratégie thérapeutique et ainsi revenir à des valeurs normales de quantité d’urines dans la vessie.

Code article : 272105

Urinary problems quiz
Troubles urinaires : êtes-vous concerné ?
Répondez à 5 questions et découvrez le résultats en 3mn.
Répondre
Logo facebook
Rejoignez-nous !

Tapez “Mieux vivre avec la prostate” sur facebook ou cliquez ici.

0
0

Nos sources

  • 1. HAS - Bilans pré-thérapeutiques des troubles mictionnels de l’homme adulte : modalités et acteurs • novembre 2023
  • 2. Manuel MSD - Rétention urinaire - Patrick J. Shenot , MD, Thomas Jefferson University Hospital - Vérifié/Révisé sept 2023
  • 3. HAS - Bilans pré-thérapeutiques des troubles mictionnels de l’homme adulte : modalités et acteurs • novembre 2023 et UroFrance
  • 4. Revue générale de la miction, Patrick J. Shenot - MD, Thomas Jefferson University Hospital - Vérifié/Révisé sept. 2023
  • 5. Apport de l’imagerie dans l’hypertrophie bénigne prostatique - J.L. Descotes, J. Hubert
  • 6. Options de traitement pour la vidange incomplète de la vessie – Article – 2022 – Wellspect