Prostatectomie, les différentes étapes de l’opération chirurgicale

La prostatectomie est une intervention chirurgicale pratiquée pour traiter le cancer prostatique. Elle consiste à retirer partiellement ou totalement la prostate afin de supprimer les tissus cancéreux.

Qu’est-ce qu’une prostatectomie ?

La prostatectomie est le traitement de référence du cancer de la prostate. Elle vise à enlever la prostate malade ainsi que certains tissus tout autour, dont les vésicules séminales. Les vésicules séminales, petites glandes reliées à la prostate, se situent de part et d’autre de la vessie. Elles ont pour rôle de produire le liquide constitutif du sperme, avec les spermatozoïdes.

Quelle différence entre prostatectomie partielle et prostatectomie totale ?

Lors d'une prostatectomie partielle, seulement une partie de la prostate est enlevée, souvent en raison du développement d'une tumeur localisée. Cette intervention est fréquemment recommandée pour les cancers de la prostate localisés présentant un faible risque de propagation.
La prostatectomie totale, communément désignée sous le nom de prostatectomie radicale dans le domaine médical, consiste en l'ablation complète de la prostate, ainsi que parfois des vésicules séminales à proximité. Elle est généralement recommandée en cas de cancer de la prostate plus avancé ou agressif.
Que ce soit une intervention partielle ou totale, l'objectif principal de cette chirurgie est de retirer les tissus cancéreux afin de prévenir ou de limiter la propagation du cancer de la prostate.

À qui propose-t-on une prostatectomie ?

Globalement, la prostatectomie est pratiquée chez des patients de moins de 70 ans1 pour lesquels le cancer est localisé, à risque faible ou intermédiaire. On considère un cancer de prostate à faible risque lorsqu’il est localisé à la prostate, sans atteinte ganglionnaire. Le cancer de la prostate à risque intermédiaire est un cancer localement avancé, avec une atteinte d’une ou des vésicules séminales, mais ne présentant pas de métastase (cellules cancéreuses qui se sont détachées d'une première tumeur dans une autre partie du corps où elles se sont installées).
L’âge physiologique d’un patient est une notion difficile à établir, car elle ne traduit pas un état de santé général ou l’aptitude à tolérer ou non un traitement.


Si l’âge n’est pas une limite à la prostatectomie, l’intervention chirurgicale est néanmoins proposée aux patients dont l’âge n’est pas trop avancé et dont l’espérance de vie est estimée supérieure à plus de 10 ans2. Pour les patients trop âgés ou fragiles, la chirurgie de l’ablation de la prostate peut comporter un risque.

Comment se déroule une prostatectomie ?

Infographie prostatectomie

Avant l’intervention de l’ablation de la prostate

Si vous devez subir une prostatectomie, il y a en général deux consultations en amont de votre intervention chirurgicale : l’une avec votre urologue, en charge de l’opération, et l’autre avec l’anesthésiste.
L’urologue vous explique comment va se passer l’opération, son objectif, ses suites et éventuellement les effets indésirables que vous pourrez ressentir suite à l’ablation de votre prostate.
Comme l’intervention est réalisée sous anesthésie générale, une consultation avec l’anesthésiste est obligatoire pour évaluer les risques de l’anesthésie, en fonction de votre état de santé et éventuellement des opérations chirurgicales antérieures.

Le déroulement de la prostatectomie

La prostatectomie radicale ou aussi appelée prostatectomie totale consiste à retirer la glande malade ainsi que les vésicules séminales. Pendant l’opération, l’urologue rattache l’urètre à la vessie pour permettre l’écoulement des urines. Quand les ganglions lymphatiques avoisinant la prostate sont également enlevés, on parle alors de curage ganglionnaire.
L’opération dure en général de 2 à 5 heures3.
Il existe trois types de chirurgie pour la prostatectomie : la chirurgie classique, la prostatectomie par chirurgie cœlioscopique ou la chirurgie robotisée ou robot-assistée.

Dans le premier cas, l’urologue peut atteindre la prostate par une incision abdominale basse, en dessous du nombril. Cette technique, la plus répandue, permet à l’urologue une vision directe de la zone à prélever.
Dans le cas de la chirurgie cœlioscopique, l’urologue accède à l’intérieur de l’abdomen par de petites incisions de la paroi abdominale.
La chirurgie robotisée est la technique la plus récente. L’urologue pénètre dans l’abdomen par plusieurs incisions courtes. Par une reconstitution 3D de l’intérieur de l’abdomen, l’urologue pilote un robot sur lequel sont fixés les instruments, ce qui permet une très grande précision dans le geste. Cette technique peut permettre la préservation des nerfs responsables du mécanisme de l’érection, notamment pour les patients jeunes, sexuellement actifs et porteurs d’une tumeur de petite taille.

Après la prostatectomie

Si vous avez subi une prostatectomie, l’urologue vous pose une sonde urinaire et des drains lors de l’opération chirurgicale.
Quelle que soit la technique chirurgicale employée, l’urologue pose une sonde urinaire afin de connecter le canal de l’urètre et la vessie pour que l’urine puisse être évacuée. La sonde urinaire peut générer un certain inconfort et est placée de façon temporaire pour environ une semaine.
Les drains, de très fins tuyaux, permettent d’évacuer les liquides comme le sang et la lymphe qui s’accumulent au cours de la cicatrisation.

Quelles sont les complications pendant ou suite à la prostatectomie ?

Il est bon de savoir que les complications sont rares lors d’une prostatectomie. Il peut néanmoins se produire :

  • des saignements
  • des plaies au niveau des organes voisins comme par exemple le rectum ou l’urètre
  • une infection suite à l’opération
  • une phlébite. L’urologue prescrit généralement un médicament anticoagulant après l’intervention chirurgicale pour éviter ce risque et l’éventuelle complication en embolie pulmonaire

Quels sont les effets secondaires d’une prostatectomie ?

Les trois effets secondaires principaux sont l’incontinence urinaire, l’absence d’éjaculation et des problèmes d’érection.
Les fuites urinaires, malgré la gêne occasionnée, sont une conséquence courante et souvent temporaire de la prostatectomie. Des séances de rééducation du périnée chez un kinésithérapeute sont prescrites après l’opération pour contribuer à retrouver une vessie fonctionnelle, en général après quelques semaines, voire quelques mois.
L’ablation de la prostate et des vésicules séminales a pour conséquence l’absence définitive des éjaculations. La disparition des éjaculations n’empêche pas le plaisir sexuel.
En cas de nécessité médicale, comme la présence de cellules cancéreuses, l’urologue peut retirer les nerfs et vaisseaux sanguins responsables du mécanisme érectile. Sans cette structure neuro-vasculaires, il n’est plus possible d’avoir une érection. Néanmoins, des solutions existent et seront proposées par l’urologue.

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