La pollakiurie  diurne ou des envies fréquentes d’uriner

La pollakiurie diurne est un trouble urinaire qui se caractérise par une augmentation de la fréquence du besoin d’uriner pendant la journée. Femmes et hommes peuvent être affectés, même les enfants.

Pollakiurie : qu’entend-on par envies « fréquentes » d’uriner ?

Normalement, le besoin d’uriner se fait ressentir tous les 3-4 heures en journée et permet d’éliminer environ 350ml d’urine. À partir de 50 ans, il arrive parfois que vous vous releviez une fois pendant la nuit ; cette fréquence est considérée comme normale.

On parle de pollakiurie lorsque le rythme de vos mictions se rapproche et dépasse plus de 7 passages aux toilettes par jour (ou moins de 2 heures entre chaque miction) pour une quantité urinée moindre (environ 100 l). Dans les cas extrêmes, ce besoin se fait ressentir toutes les 15 à 20 minutes pour une petite quantité d’urine1. Parfois, ces besoins sont accompagnés d’une sensation urgente d’uriner (urgenturie), de brûlures ou même de fuites urinaires. Enfin, si l’envie d’uriner vous réveille au moins 2 fois la nuit, on parle de nycturie.

La baisse de la quantité d’urine à chaque miction importe. C’est ce qui permet de différencier 2 troubles urinaires : une pollakiurie et une polyurie.

Qu’est que la polyurie ?

La polyurie est un autre trouble urinaire qui occasionne une hausse de la fréquence des besoins d’uriner et le volume émis à chaque miction est normal (environ 350ml). Ce trouble se manifeste en cas de consommation importante de certaines boissons (thé, café, alcool) ou même d’une consommation excessive d’eau, de la prise de médicaments diurétiques ou en présence d’un diabète non équilibré ou de certaines maladies rénales.

Pourquoi mes besoins d’uriner sont plus fréquents ?

Les causes de la pollakiurie (ou besoin d’uriner plus souvent) sont nombreuses. Les principales sont liées à :

  • Une infection urinaire qui est l’origine la plus fréquente chez les femmes et les enfants2 ;
  • Une hyperplasie bénigne de la prostate, cause la plus fréquente chez les hommes de plus de 50 ans2. Une pollakiurie peut aussi être due à une prostatite (infection de la prostate) ou éventuellement, à un cancer de la prostate ;
  • La présence de calculs dans les voies urinaires (dans un uretère ou dans la vessie, voire même un calcul bloqué dans l’urètre) ;
  • Une hyperactivité vésicale (contraction anormale de la vessie sans cause identifiée). Cette cause fréquente après 40 ans, surtout chez les femmes, peut se traduire par une urgenturie ou une incontinence urinaire ;
  • Un rétrécissement de l’urètre dû à une infection, une tumeur, etc.

Chez les femmes enceintes, les changements hormonaux et la pression de l’utérus sur la vessie provoque des envies plus fréquentes de miction. Il est important d’en parler à son médecin si ces besoins fréquents s’accompagnent de brûlures. La pollakiurie ou envie fréquente d’uriner cesse après l’accouchement.

Vous pouvez aussi avoir des besoins plus fréquents d’uriner que d’autres personnes car vous avez une petite vessie (phénomène physiologique) ou suite à une ablation partielle des suites d’un cancer de la vessie (réduction de la capacité de stockage des urines). Une pollakiurie peut aussi se manifester au cours de certaines pathologies (suite d'AVC, sclérose en plaques, maladie de Parkinson…).

Pourquoi et quand consulter ?

Si vous urinez fréquemment, vous devez consulter votre médecin ou un urologue . Même si ce trouble est souvent bénin et peut facilement se soigner, il arrive qu’il soit l’un des symptômes d’une pathologie plus lourde.

Pollakiure : pourquoi et quand consulter ?

 

Dans les jours à venir : si vous ne présentez pas de signes particuliers, outre les mictions fréquentes.

Dans un délai d’un jour ou deux : si vous ressentez des gênes, des brûlures au moment d’uriner, etc.

Dans la journée :

  • Si vous ressentez des faiblesses dans les jambes (signe de troubles au niveau de la moelle épinière) ;
  • En cas de fièvre et de douleurs dorsales (signes d’infection rénale, de sueurs nocturnes, de perte de poids (surtout si vous êtes fumeur ou ex-fumeur), de troubles neurologiques ;
  • Si ces envies fréquentes apparaissent soudainement chez votre enfant en bas âge.

Quels sont les examens à réaliser ?

Le médecin ou l’urologue vous questionne sur vos consommations et le type de boissons ainsi que sur vos traitements médicamenteux en cours. Il analyse vos urines à l’aide d’une bandelette urinaire, pour rechercher la présence de globules blancs et rouges, de nitrites (qui indique la présence d’une infection urinaire), de protéines (signe d’une maladie rénale), et de sucre (symptômes de diabète). En cas d’infection urinaire, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) à réaliser en laboratoire est demandé par le médecin.

La nécessité de réaliser d'autres examens d’autres examens dépend des résultats de l’analyse d’urine et de l’examen clinique. Votre médecin peut dans certains cas prescrire :

  • Une échographie abdomino-pelvienne qui permet aussi la recherche d’anomalies au niveau de la prostate, de l’utérus, de la vessie, etc. ;
  • Une cystoscopie (endoscopie urétrovésicale) pour une analyse des parois de la vessie et permet de rechercher la présence d’un calcul, d’une tumeur, etc. ;
  • Un débitmètre urinaire pour évaluer votre débit mictionnel ;
  • Un bilan urodynamique qui permet de mesurer la capacité de stockage de votre vessie.

Votre médecin pourrait aussi vous demander de tenir un calendrier mictionnel ou même de réaliser :

  • Une échographie abdomino-pelvienne qui permet aussi la recherche d’anomalies au niveau de la prostate , de l’utérus, de la vessie, etc. ;
  • Une cystoscopie (endoscopie urétrovésicale) pour une analyse des parois de la vessie et permet de rechercher la présence d’un calcul, d’une tumeur, etc. ;
  • Un débitmètre urinaire pour évaluer votre débit mictionnel ;
  • Un bilan urodynamique qui permet de mesurer la capacité de stockage de votre vessie.

Quel traitement en cas de pollakiurie ?

Le traitement de la pollakiurie consiste à prendre en charge la cause de l’augmentation de la fréquence d’uriner. Le traitement sera donc très diffèrent d'un patient à l'autre.

Il peut être médicamenteux, mais aussi chirurgical. Un acte chirurgical est nécessaire en cas par exemple de cancer de la vessie ou d’hyperplasie de la prostate, de cancer de la prostate chez les hommes ou de descentes d’organes (prolapsus génital) chez les femmes.

Votre médecin peut aussi vous prescrire de la rééducation de votre périnée chez un kinésithérapeute, c’est-à-dire de l’ensemble des muscles qui s’étendent de votre pubis à votre coccyx. C’est ce qu’on appelle la rééducation périnéale ou périnéosphinctérienne qui permet de mieux maîtriser le fonctionnement de votre vessie, de l’entraîner à se réguler et de pouvoir retarder votre besoin d’uriner. Ce type de rééducation est conseillé aux femmes après l'accouchement pour que leur périnée retrouve sa tonicité et leur éviter des fuites urinaires.

Dans certains cas, votre médecin peut ajuster votre traitement, en particulier si vous prenez des diurétiques pour le traitement d’une autre pathologie. Il est en outre conseillé de réduire votre consommation de café, thé, alcool.

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Nos sources

  • 1. Assurance maladie. Pollakiurie (envie fréquente d'uriner). Ameli.fr. 15 décembre 2023
  • 2. Geetha Maddukuri. Pollakiurie. Le Manuel MSD – Version pour les professionnels de santé. Décembre 2022